Mon père est femme de ménage: lesson ideas

Mon père est femme de ménage

This book has some pretty tough ideas, but I picked three passages that seem applicable and accessible to my French 5 students for next year. I would show the trailer for the movie first and discuss. We would read the first passage together and then I would ask for partners to discuss the following two passages. I’d probably give them a 30 minutes or so to write and then present the next class period! I would hope that each student could talk for about a minute about their idea(s) and visual.

Screen Shot 2015-05-28 at 3.52.22 PM Screen Shot 2015-05-28 at 3.52.37 PM Screen Shot 2015-05-28 at 3.52.55 PM

Bande annonce :

https://youtu.be/xE_06KzYDBc

Qui sont les personnages principaux ? Décrivez-les. Quelles sont leurs relations ? Voulez-vous voir ce film ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Quel genre de film préférez-vous ? Pourquoi ?

Résumé :

Paul, dit Polo, a 13 ans quand commence sa chronique d’une vie impossible, au milieu d’une famille infernale, où seul l’amour d’un père apporte un peu de lumière. Mais aimer quand on ne peut pas respecter est une douleur de plus. Seulement, ce jeune garçon drôle, lucide, que rien n’abat, a découvert une arme : les mots, et il sait désormais qu’on peut s’arracher à la fatalité.

Y arrivera-t-il ? C’est une autre histoire. Celle de ce livre, où, sur un ton virevoltant, marqué par la vivacité, le sens du rythme et de la formule qui ont fait le succès de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole aux laissés-pour-compte de notre société, et raconte avec une verve irrésistible les drames et les espoirs d’une adolescence.

http://www.babelio.com/livres/Azzeddine-Mon-pere-est-femme-de-menage/133644

Vous avez déjà lu des livres comme ça ? Lesquels ? Quel genre de livre préférez-vous ?

Citations :

La beauté :

« Ma sœur a revendu son week-end à bas prix sur un site de vacances en solde. Elle attend d’être majeure pour se présenter à l’élection de sa région. C’est son unique ambition. Être la plus belle et en avoir la preuve. Je ne suis pas très objectif, elle est plutôt jolie mais tout manque de rigueur en elle. Comme si sa beauté était un heureux hasard et non le résultat de multiples croisements de vies tragiques et fantastiques. Les miss sont ainsi, belles par hasard. La beauté n’obéit à aucun critère, elle est fantasque et inconvenante. Elle ne parle pas. Surtout pas. Ma sœur est jolie mais elle deviendra moche. Elle n’est donc pas belle. Je suis objectif. » pages 34/5

Qu’est-ce que vous pensez des compétitions de beauté ? Que pense le narrateur ? Vous êtes d’accord ? Qu’est-ce que c’est que la beauté ? D’après le narrateur ? D’après vous ?

Le racisme :

« La prof m’a choisi un autre compagnon de travail. Cosmin. J’étais maudit. Autant Tamimount pue le henné, autant Cosmin pue la merde. Toujours. Tout le temps. Après quelques heures, l’odeur devient insoutenable. À la fin du cours j’ai craqué :

  • Putain mec, tu chlingues !

Il m’a accusé d’avoir dit « un ketru cistra sur l’odeur des Roms ». Moi, je n’avais fait que lui dire qu’il puait. Lui. Pas tous les Roms. Cosmin ne se lave pas souvent. Et il fait beaucoup de sport. Et il pisse encore au lit sans se changer le matin. Donc, il pue. En cours de mathématiques, on appellerait ça une équation à zéro inconnue. Mais dans la bouche de Blanc, ça s’appelle du racisme.

Il a fait le coq et s’est plaint à la prof Mme Meyer, que elle aussi comouflait sa répugnance envers lui par un excès de considération. Elle nous a immédiatement envoyés chez la principale et s’est empressée d’aérer la classe. La principale m’a sermonné. J’essayais de m’expliquer, mais rien n’y faisait, j’avais dépassé l’acceptable. L’intolérable pour un Rom, c’est de dire qu’il pue. Tout le reste, on s’en fout pas mal.

J’ai demandé à la principale de me regarder et de me dire droit dans les yeux que Cosmin ne puait pas.

– Madame, franchement il pue ou pas ?

– Oh, t’es con ou quoi là ? a crié Cosmin.

– Madame !

– Ça suffit, Paul, excuse-toi immédiatement !

– Mais il pue, c’est vrai !

J’ai pris deux heures de colle.

Quand on est sortis du bureau, Cosmin m’a dit :

– Mec tu veux vraiment une raclée je crois, hein ?

– Non Cosmin, j’voulais juste qu’elle dise la vérité. Elle fait semblant de prendre ta défense, mais c’est elle la raciste. Tu pues mec, renifle-toi ! J’y peux rien c’est comme ça, tu chlingues à mort ! Mais comme t’es rien qu’un Rom pour elle et comme elle a peur du rat qui sommeille en toi, elle te dit que c’est moi le cistra alors que moi je te rends service et j’te dis va t’laver mecton !

Il m’a mis un coup de boule et je me suis réveillé à l’infirmerie. J’ai dû signer un papier pour qu’on me laisse partir.

Cosmin était assis sur le muret à côté du portail. Il m’attendait apparemment.

– Ça va mecton ?

– Ouais.

– Je suis pas débile hein, j’sais que j’pue. Et j’sais que c’est rien que de p’tits tapins la prof et la principale…

– Alors pourquoi c’est moi qu’t’as marave ?

– Vas-y, j’peux pas mettre un coup de boule à une prof ! Si j’fais ça, j’en mets à tous les profs, j’suis mort…

C’était léger comme réponse mais je devais m’en satisfaire. J’ai posé une dernière question :

– Pourquoi tu t’laves pas Cosmin ?

– Eh ben parce qu’y’a pas d’eau au terrain…

C’était léger comme réponse mais je devais m’en satisfaire.

– Salut.

– Salut. » – pages 54 à 56

C’est quoi le racisme ? Comment peut-on lutter contre le racisme ?

L’école et la vie d’un adolescent :

« Parfois je me laisse choir dans mon unique cauchemar et j’y injecte toutes mes peines. De celles qui vous bâtissent ou vous anéanttissent. Mais qui ne sont rien à côté de ce qu’il y a en moi depuis toujours, ce souvenir atroce, cette commotion cérébrale permanente, cette honte qui me paralyse. Toujours. Tout le temps. Les gens qui vous font des choses comme ça ne peuvent pas savoir ce qu’on éprouve, et qu’on traîne ce cauchemar toute sa vie. S’ils savaient, ils se tueraient.

J’étais en sixième et mon professeur de sport avait imposé la danse contemporaine improvisée comme discipline à part entière, soi-disant propice à éveiller nos sens et notre mémoire corporelle. La vérité c’est qu’il n’avait pas ramené que de l’encens et des masques de New Delhi dans ses valises. […] c’est nous qui avions l’air con sur le praticable de la salle de sport ce matin-là. Sur des airs au curry, mon professeur se balançait sans aucune harmonie, figé, d’un bloc. Pour l’illusion, il faisait tournoyer ses mains, comme font les Blanches quand elles apprennent la danse orientale. En symbiose totale avec l’au-delà, il nous encourageait à commencer par l’imiter puis à nous laisser aller. Il fallait suivre ce que notre corps nous dictait et abattre les obstacles de notre mental.

– Soyez ridicules, il disait, allez-y, allez !

Alors on y allait, en retenue d’abord, puis on faisait vraiment les cons. […]

– C’est ça riez, riez de vous, allez-y !

On se marrait bien sur ce praticable finalement mais parce qu’on était beaucoup. À l’épreuve individuelle, on se figerait, c’est certain. Et on ne rigolerait plus. Mais le prof a trouvé pire encore : il a séparé les garçons et les filles en deux groupes et les a alignés les uns face aux autres. Au signal de la musique, une fille devait choisir un garçon et improviser une chorégraphie avec lui. J’ai instantanément redouté ça. Jérôme, Mehdi, et Stéphane ont été choisis les premiers par Maéva, Jenifer, et Alizée. Les filles moyennes se sont alors précipitées sur les garçons moyens. Les pas belles sur les pas beaux. Maudit chiffre impair. Je me suis retrouvé tout seul au milieu des couples. Qu’y avait-il en dessous de pas beau ? Moche. Jétais moche.

Le poignard s’attardait entre mes côtes et finissait de cisailler mon corps à la verticale. On me lançait des regards railleurs, personne n’avait pitié du moche. J’avais l’impression d’être une lacune. Je ne sais pas pourquoi mais c’est ce qui m’est venu en premier. Un corps à l’intérieur d’une cavité. Cette fois, j’aurais même accepté la pitié comme partenaire pour me consoler. Personne n’a consenti à m’en donner. Il fallait à tout prix que je me reprenne et que je fasse un truc. Un truc pour sortir grandi. Une pirouette vers mon salut. Mais quoi ? J’étais électrocuté de honte et le play ne s’enclenchait pas.

L’ésotérique m’a appelé et il a dansé avec moi. Double humiliation. Tout le monde se moquait. […] J’avais envie de pleurer mais je me suis mordu la langue. Une fois dans le vestiaire, j’ai encore dû faire bonne figure malgré les vannes. […]

J’ai séché les cours et je suis allé réveiller mon père. Je me suis enterré dans ses bras. On n’a plus bougé. Lui si souvent ballot, il a fait preuve ce jour-là d’une délicatesse surprenante, ne demandant ni qui, ni quoi, ni où. Simplement ses bras. Autour de moi. Moi Polo, le moche. » pages 94 à 96

Pourquoi est-ce que c’est difficile d’être un adolescent ? C’est quoi le plus gênant à l’école ? Comment est-ce que les professeurs peuvent aider leurs élèves ? Comment et pourquoi les autres élèves sont méchants ?

Maintenant, choisissez une citation et développez vos réponses selon un thème bien précis. Ecrivez une page, pas plus ! Trouvez une image qui montre bien ce que vous voulez dire et soyez prêts à présenter votre idée à la classe.

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